Chapitre trois.
Mathéo ne bouge plus.
Si était devenu rouge j'aurais au moins pu en déduire qu'il avait arrêter de respirer.
Mais là rien.
Pas un haussement de sourcils, pas de clignements d'½il.
C'est comme si l'on avait appuyé sur pause.
Pour lui le temps s'est arrêté.
Je décida tout de même, de le faire sortir de sa pseudo rêverie.
- Je .. euh .. Mathéo .. tu devrais y aller maintenant tu crois pas ?
Il ne réagit pas tout de suite sûrement parti trop loin dans ses pensées ..
Puis cligne des yeux et me réponds enfin.
- Ouais t'as sûrement raison, bon bah si tu veux allez manger c'est ..
Voyant ou il veut en venir, je le coupe pour ajouter :
- Je peux t'attendre tu sais ! À vrai dire t'es la seule personne que je connaisse ici et j'ai pas vraiment envie de me faire de « nouveaux amis » ce soir .. enfin si sa te dérange pas bien sûr !
Il tourne le regard vers moi et affiche un sourire franc et rassurant qui me fais sourire jusqu'aux oreilles.
Il me tends son bras auquel j'entremêle le mien puis nous nous dirigeons vers le bureau de ..
- Hey Mathéo, au faite c'est qui le gars de toute à l'heure ?
-Le principal adjoint .. Mon parrain ..
- Whaou la vache c'est une histoire de famille cet internat !
Je suis stupide.
Il est sûrement arrivé quelque chose à son père et moi je lui parle de sa famille.
Promis, à partir de maintenant, j'arrête de parler sans réfléchir.
Nous sommes tous les deux gênés, mais je n'ai jamais été douée pour combler les « blancs »..
je décide donc de continuer ma route sans rien ajouter de plus.
Je suis sûre de ne plus faire de bourdes au moins.
Tout en traversant le préau, je me confronte au regard noir de certaines filles.
Pourquoi ?
Certainement à cause de Mathéo, c'est vrai qu'il est assez attirant, mais je ne le vois pas comme un futur petit ami.
Bizarre n'est-ce pas ? Je ne le connais que depuis quelques heures, mais j'ai déjà des certitudes.
Je marche aux certitudes.
Peut être un peu trop même .
Je suis contrainte d'arrêter mes réflexions lorsque nous arrivons enfin devant le bureau du principal adjoint.
Mr Klaus.
Quel manque d'originalité ! Enfin bon vous me direz qu'il n'a pas non plus choisi son nom.
Mathéo frappe trois à la porte avant que celle-ci ne s'ouvre laissant paraître le grand bonhomme de tout à l'heure.
Sauf qu'il n'a plus rien d'imposant.
Lui qui m'avait surprise par sa carrure droite, presque de rugbyman, semble maintenant porter le monde sur ses épaules, tant celles-ci se sont affaissées.
Ses yeux eux aussi en ont pris un sacré coup, il sont gonflés et rouges.
Aurait-il pleurer ?
À la vue de Mathéo, il baisse le regard.
J'ai de la peine quand même, je ne connaît rien d'eux, je ne sais même pas si ce sont des gens bien, mais j'ai quand même de la peine .
Absurde n'est-ce pas ?
Mr Klaus invite Mathéo à rentrer, je prends donc place dans la vie scolaire, assise sur un pauvre carton qui traînait par là.
Et J'attends, inexorablement j'attends.
Contrairement à l'attente devant l'estrade de toute à l'heure, là tout va très vite.
Je m'explique ?
Mathéo vient de sortir en trombe du bureau de son parrain, les yeux embués, les points serrés à lui faire blanchir les phalanges, et en courant à une vitesse impressionnante.
Je ne sais pas pourquoi – certainement un instinct stupide – mais je lui cours après, je le suis, j'essaye de tenir la cadence.
Chose difficile.
Nous courons, il extériorise sa peine et j'essaye de comprendre.
La peur ?
Oui je la ressens, étrange, je n'ai plus eu peur de rien depuis ..
Il s'arrête.
Je regarde autours de moi, nous sommes dans un parc, un vieux parc.
Seulement un lampadaire et un banc.
La nuit commence à tomber, et le lampadaire s'allume automatiquement.
Je distingue alors que Mathéo s'est assis, sur le banc.
Il fixe un point imaginaire.
Je m'approche pour ne plus être qu'à quelques centimètres de lui.
Je ne bouge pas.
Soudain il lève la tête vers moi, il ne semble pas surpris de me voir.
-Fiche le camps laisse moi tranquille !
Sa voix est chargée de sanglots, et son maquillage, emporté par les larmes, s'est répandu en petits trais noirs, sur ses joues rosies par la fraîcheur de l'hiver.
Avez-vous déjà vus des gens vous demandant de les lâcher, mais s'accrochant encore plus à vous ?
Alors vous savez se que reflètent les yeux de Mathéo en cet instant.
Je décide de laisser ma gêne de côté et prends place à côté de lui, il paraît déboussolé.
Il commence à pleurer et à me répéter sa phrase précédente.
Non je ne partirais pas. Pas avant de savoir.
Curieuse ?
Non seulement soucieuse.
Je passe mon bras autour de son buste, il pose sa tête contre mon épaule.
- C'est qu'un mauvais rêve, je vais me réveiller hein ?!
Je resserre mon étreinte .
- Racontes-moi s'il te plaît.
Il lève alors les yeux vers moi.
Je passe mes pouces sous ses yeux, afin d'enlever les deux traces noires.
Il souffle un grand coup, comme pour se donner du courage et commence.
- Mon père, Il ...
Il recommence à pleurer, je le sert contre moi, sa tête dans mon cou, mes bras dans son dos.
Je sens ses larmes couler, j'en frisonne.
Il semble calmer et reprends la parole.
- Il a .
il marque alors une pause, comme pour se convaincre que tout cela est bien réel,
- Il avait un cancer, il l'avait déjà vaincu plus d'une fois, et lorsqu'il y a deux semaines il m'a annoncé que le cancer était revenu, je n'ai pas eu peur, je le croyais invincible. Les pères sont invincibles ... Du moins c'est ce se que je croyais jusqu'à là. On dit que les meilleurs partent les premiers, mais j'aurais voulu être meilleur que lui.
Oh Mathéo si tu savais comme la vie peu être injuste.
Tu n'en a à présent qu'un infime aperçu.
Je ne sais pas se qui va me pousser à faire se que je vais faire, mais une chose est sûre, si lui me trahit alors plus jamais je n'aurais confiance en personne.
Je relève sa tête et le regarde dans les yeux.
Ses magnifiques yeux marrons rougit par la peine et le désarroi .
- Je vais te raconter une histoire. Mon histoire. Promet moi de ne le dire à personne. Je ne le supporterais pas.
Il me regarde, et je peux lire dans ses yeux comme une sorte d'évidence.
Non, il ne me trahira pas.
Je souffle un peu, me demandant par ou commencer puis décide de ne pas rentrer dans les détails.
- Je .. mon père aussi est mort. Deux ans qu'il n'est plus. Et ma mère .. si tu savais comme elle rêve de le rejoindre. Mais les portes sont toujours restées fermées pour elle. Elle n'a récoltée qu'un aller simple pour l'hôpital psy ..
Je ne le connais pas.
Dina tiens le toi pour dis tu ne le connais pas.
Pourquoi lui dévoilerais-tu ta vie comme ça ? Ne te souviens-tu pas les problèmes que tu as déjà eu à cause de cela ?
N'oublie Jamais.
Des larmes perlent au coin de mes yeux en amandes.
A son tour il me prends dans ses bras.
Je revois mes paroles.
Je n'ai plus personne.
Pas un ami, pas un parent, pas d'animaux.
Je suis dépourvu de tout cela.
Comme s'il comprenait, il me regarde dans les yeux, qui sont d'ailleurs aussi rouges que les siens.
- Tu seras ma famille et je serais la tienne. Tu seras se que j'aurais de plus cher, mon rayon de soleil.
Je pleure.
Jamais au grand jamais ces quelques mots peut être insignifiants pour vous n'avaient atteints mes oreilles.
Jamais depuis la mort de mon père.
Aucun je t'aime, tu comptes pour moi.
Rien. Le néant.
En espérant qu'il comprenne j'entame alors une chanson, la voix enrouée de larmes :
You are my sunshine
[Tu es mon rayon de soleil]
My only sunshine
[Mon seul rayon de soleil]
You make me happy
[Tu me rends heureuse]
When skies are grey
[Quand le ciel est gris]
You'll never know, dear
[Tu ne sauras jamais]
How much I love you
[Combien je t'aime]
Please don't take my sunshine away
[S'il vous plaît, ne prenez pas mon rayon de soleil]
Nous pleurons, encore et toujours plus si cela est possible.
Une goutte d'eau attérit sur mon nez.
Je lève la tête et m'apperçois que ce que j'avais pris pour de l'eau est en faîte de la neige.
Il se lève, je l'imite, je tremble car même si j'ai ma veste, la neige qui comment à tomber me frigorifie.
Il défait sa veste et essaye de nous envelopper dedans.
Ainsi fort de notre nouvelle amitié nous prenons le chemin de l'internat.
Il devra réapprendre à vivre, sans son père.
Mais je serais là pour l'aider.
Nous sommes le deux septembre deux mille huit, la neige tombe sur Berlin, et j'ai une famille.
" Seul vous êtes fort, ensemble vous êtes invincibles."
Coucou =DD
Alors ce chapitre ? Cette séquence émotion ?
Bien / Pas bien ?
J'attends vos avis avec impatience pour pouvoir progresser !
Quant aux fautes d'orthographe j'ai pas vraiment eu le temps de bien bien relire, alors j'espère qu'il n'y en a pas trop mais si vous en trouvez qui vous gênes, Dîtes le et je rectifierais ;)
J'espère que ce chapitre vous a plu.
Moi j'ai adoré l'écrire !
Bisous
Des questions ? Sur la Fic ? sur moi ? Le standard est ouvert =pp
Haunt--mex" J'ai une question .. Qui est tu :P "
Javoue que c'est sûrement la première question qui vient à l'esprit =pp
Et bien Je m'appelle Céline, J'ai seize ans, Je rentre en 1°ES Option Espagnol Européen.
( Je sais pas trop quoi dire de plus .. =$ tu voulais savoir autre chose ? )